analyse et nvlles techno
09 septembre 2004 à 00:00:00 CEST par aubedor (4 lectures)
Anonymous a écrit : "Bonjour Jean-François,
Le 7/09/04 16:24, Doucet, jean-francois a écrit :
>Mais je ressens tout de même, une certaine irritation lorsqu'à longueur
>d'émails, on pose la question de l' utilisation des nouvelles technologies
>pour
>la psychanalyse.
En effet, il y a quelque chose de troublant et cela me semble toucher deux
ponts sensibles, à savoir la définition « opérante » de ce que c¹est
finalement la psychanalyse en tant que pratique, et d¹autre part, dans
certains textes, une certaine tendance à vouloir valider une démarche à
partir d¹un dispositif technique et non l¹inverse.
>Il me semble que la méthode psychanalytique est à la fois une
>situation, une praxis et des tas de références théoriques. Qu'on le
>veuille ou non, cette situation de fait implique qu'à partir d'un
>moment c' est de la psychanalyse et à partir d'un autre moment ce n'
>est plus de la psychanalyse.( Ceci pour inclure les variantes
>possibles par rapport à la cure classique, exactement comme certains
>standards de jazz sont interprétés de différentes facons, mais
>restent tout de même reconnaissables comme "standard".
Cette analogie musicale me semble très judicieuse et très parlante. J¹en
arrive actuellement au constat qu¹effectivement il y a rupture avec le
"standard" de la cure analytique dès lors qu¹il y a rupture avec le réel de
la co-présence effective et non factice de deux inconscients, d¹un analyste
et d¹un analysant. Si ce socle est rompu, le qualificatif de cure analytique
n¹est plus de mise. Maintenant on peut observer des démarches où certains
semblent chercher un forçage d¹inclusion de la psychanalyse dans un
dispositif technologique, informatique par exemple. Je vois cela comme la
recherche d¹un faire-valoir, qui serait la psychanalyse, d¹un « créneau »
supplémentaire dans le foisonnement des offres de « bien-être »
fondamentalement assez éloignées de ce qui est l¹essence même de la
psychanalyse cherchant plutôt à démasquer le réel qu¹à l¹embrumer
d¹illusions supplémentaires. C¹est un choix fondamentale que se soutenir en
principal de l¹imaginaire ou du réel pour se reconnaître en tant que Sujet.
>Or lorsqu'on introduit Internet, je ne vois pas de continuité
>possible avec la situation psychanalytique "standard". Internet ou la
>communication en réseau implique une certaine notion du signifiant -
>à supposer que la relation par Internet soit orale et non pas pas
>email - une certaine notion du signifiant comme une sorte de
>marchandise ou d' objet qui s'échangerait entre deux ou plusieurs
>machines.
Au niveau du signifiant, on pourrait faire le raisonnement suivant : tant
qu¹à faire et puisque de toute façon le mot, écrit ou oral, n¹est pas la
chose, l¹interposition d¹Internet entre le mot et la Chose n¹est pas
différent de ce qui de toute façon s¹interpose entre les deux. Poussons
encore plus loin. Substituons aux mots une écriture mathématique afin de
tenter de se rapprocher au maximum de la chose, voire viser à son
rattrapage. Cette « réussite » signifierait, à mon sens, l¹échec de la
relation humaine tout court, réduirait l¹humain à une machine. Et c¹est là,
toujours à mon sens, que se situe une des illusions d¹Internet : ce qui fait
que l¹objet « a » est opérant, c¹est que précisément il est irrattrapable,
tout comme la chose qui cherche a être attrapée avec le mot. Et la
psychanalyse est opérante dans le traitement de l¹incomplétude structurale
du Sujet là où d¹autres démarches recherchent un remplissage à tout prix de
ce qui est fondamentalement perdu pour le Sujet, mais gagnant pour sa survie
et ses relatons aux autres.
Bon, comme vous dites, c¹est peut-être un peu brouillant ainsi, mais j¹ai
effectivement le sentiment que nos avis se rejoignent.
Cordialement.
Jos Tontlinger.